Politique idées

Inégalités hommes / femmes

Depuis 1968, les hommes laissent un petit peu plus de place aux femmes mais continuent à s'accaparer les places intéressantes et les ressources. De trés nombreuses femmes sont en situation de précarité, principalement les mères seules avec enfant.

Droits des femmes, les dates clés :

1791 : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, dont le préambule commence ainsi : "Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en Assemblée nationale".

1804 : Le Code civil donne aux femmes des droits civils mais leur refuse les droits politiques.

1893 : Octroi du droit de vote aux femmes en Nouvelle-Zélande, premier pays au monde à l’accorder ; la Grande-Bretagne (pour les femmes de plus de 30 ans jusqu’en 1928) , la Suède et l’Allemagne l’accordent en 1918, le Canada et les Pays-Bas en 1919, les États-Unis en 1920 (quelques États l’avaient déjà adopté avant ).

21 avril 1944 : L’ordonnance d’Alger accorde le droit de vote aux femmes françaises.

27 octobre 1946 : Le préambule de la constitution proclame : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme" (art.3) .

1965 : Loi du 13 juillet autorisant les femmes mariées à exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.
1967 : Loi Neuwirth autorisant la contraception (décret d'application en 1971).
1970 : Loi relative à l'autorité parentale conjointe supprimant la notion de « chef de famille » du code civil. Les époux
assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille.
Indemnisation du congé de maternité.
1972 : Reconnaissance par la loi du principe d'égalité des rémunérations entre hommes et femmes pour les travaux
de valeur égale.
1974 : Remboursement des contraceptifs par l'Assurance maladie.
1975 : Loi Veil (provisoire pour 5 ans) autorisant sous certaines conditions l'interruption volontaire de grossesse (IVG) - (Simone Veil le 26 novembre 1974 au Parlement à Paris)
Abrogation de l'article du code civil napoléonien, autorisant le mari à battre son épouse.napoléon quel abruti!!!
Réforme du mariage : droit au divorce par consentement mutuel.
Loi interdisant toute discrimination fondée sur le sexe en matière d'embauche.
Mixité obligatoire dans tous les Etablissements d'enseignement public.
1979 : Adoption définitive de la loi sur l'IVG.
1980 : Criminalisation du viol (Loi Pelletier).
1981 : Création du Ministère des droits des femmes confié à Yvette Roudy (de 1981 à 1986 sous la présidence de François
Mitterrand).
1982 : Remboursement de l'IVG par l'Assurance maladie.
1983 : Loi Roudy sur l'égalité des salaires et l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes : interdiction de toute
discrimination dans l'emploi en fonction du sexe. Si seulement c'était vrai!!!!
1984 : Congé parental ouvert à chacun des parents salariés sans distinction de sexe.
1985 : Loi sur l'égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et des parents dans la gestion des biens de la famille et
des enfants mineurs. La notion de chef de famille disparaît du droit fiscal.
Création d'un Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes.
Possibilité d'ajouter au nom porté par l'enfant le nom de l'autre parent (en général le nom de la mère) en tant que nom
d'usage.
1986 : Circulaire publiée au journal officiel pour la féminisation des termes de métiers, grades et fonctions.
1989 : Première campagne nationale d'information contre les violences conjugales et création des commissions
départementales d'action contre les violences faites aux femmes.
1990 : Reconnaissance par la Cour de cassation du viol entre époux.
1991 : Edith Cresson, première femme Premier ministre en France.
1992 : Loi réprimant les violences conjugales et le harcèlement sexuel (loi du 22 juillet instaurant le délit de harcèlement
sexuel dans les relations de travail).
1993 : Loi du 8 janvier affirmant le principe de l'exercice conjoint de l'autorité parentale à l'égard de tous les enfants, quelle
que soit la situation des parents (conjoints, divorcés...).
Création du délit d'entrave à l'IVG par la loi du 27 janvier, suite aux attaques répétées de centres d'IVG par des
commandos qui s'y opposent.
1999 : Vote du PACS reconnaissant notamment l'union entre deux femmes ou deux hommes.

8 juillet 1999 : Une révision constitutionnelle ajoute à l’article 3 de la Constitution de 1958 la disposition suivante "la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives" et prévoit que les partis doivent "contribuer à la mise en oeuvre" de ce principe (art. 4).

2000 : Loi sur la parité instituant l'obligation dans les scrutins de liste (municipales, régionales, européennes...) d'une égalité
de représentation entre les hommes et les femmes. Mais les partis politiques peuvent s'en affranchir moyennant le
paiement de pénalités.
Réforme sur les règles du nom (choix possible du nom patronymique ou matronymique). Vente libre de « la pilule du
lendemain » dans les pharmacies.

9 mai 2001  : La loi Génisson sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes poursuit dans une direction amorcée par la loi Roudy du 13 juillet 1983.

2001 : Loi du 4 juillet actualisant la loi de 1967 et de 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la
contraception. Les dispositions portent notamment sur la suppression de l'autorité parentale pour l'accès des mineurs
à la contraception, sur l'allongement du délai légal de recours à l'IVG, qui passe de 10 à 12 semaines.

1er mars 2004 : signature par le patronat et les syndicats de l’Accord national interprofessionnel relatif à la mixité et à l’égalité professionnelles entre les hommes et les femmes.

23 mars 2006  : La loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes renforce les moyens et engagements concernant la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, et la "conciliation" entre l’activité professionnelle et la vie familiale.

4 avril 2006 : Loi qui renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs.

23 juillet 2008 : Modification de l’article 1 de la Constitution qui est désormais ainsi rédigé : "La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales".

27 janvier 2011 : Promulgation de la loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle. Ce texte prévoit l’instauration progressive de quotas pour aller vers la féminisation des instances dirigeantes des grandes entreprises, ainsi qu’un système de sanctions financières en cas de non-respect.

6 août 2012 : loi relative au harcèlement sexuel.

30 novembre 2012 : le Comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui ne s’était pas réuni depuis 12 ans, inaugure l’élaboration d’une troisième génération des droits des femmes. Après les droits civiques reconnus à la Libération, les droits économiques et sociaux des années 1970, il s’agit désormais de définir des droits porteurs d’égalité réelle

En France, patrie des droits de l'homme, donc de l'égalité inscrite au frontispice de nos mairies, ce n'est qu'en 1975

suite à une mobilisation contre les violences faites aux femmes (contexte de féminisme militant) qu'a été abrogé "l'article rouge" du code pénal (art 324) qui excusait le meurtre commis par son conjoint sur son épouse surprise en flagrant délit d'adultère au domicile conjugal.

 

Pourquoi la déclaration des droits de la femme a été refusée?

 

Déclaration des droits de la femme 1791: "l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements. L'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison. La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune." Elle fut guillotinée en 1793. Thérèse de Méricourt, s'étant opposée à Robespierre, fut fouettée publiquement et sombre dans la folie.

 

"Le complexe de Cendrillon", ou les femmes qui sacrifient leur carrière pour faire la cendrillon. Elles font des études de plus en plus longues, sont meilleures que les hommes et souvent majoritaires dans les promotions. Cependant , elles s'auto- limitent, par exemple "je vais pas faire juge, je pourrai pas m'occuper de ma famille", alors que l'homme a toute la liberté puisqu'il a la bonne et la baby sitter a la maison.

Tout simplement vous n'avez pas de place, si celle d'écrasée qui a intèriorisé la domination, qui "n'entend rien". Il vous fait la faveur de vous faire un peu de place depuis peu, il n'accepte pas l'égalité.
C'est juste qu'il se sent menacé dans son identité, il a moins d'emprise. A l'époque baby boom le "viril", c'était avoir une famille nombreuse.
Les choses ont changé avec la loi sur la légalisation de la pillule de 1967 et celle sur le divorce facilité en 1975.

Sur 10 hommes,  trois tueront leur femme, sur dix filles, 3 mourront des coups de leur "compagnon". Et la violence continue, c'est ça le grand scandale de notre société moderne, on a les chiffres, on sait et sa continue, voire augmente. Pour les violences sur les enfants, quand la mère morfle, les enfants aussi.

Pour les auteurs d'agressions, il y a 3% de femmes pour 97% de mecs. 

 Le contrôle social,  elle ne pouvait travailler ni ouvrir de compte en banque sans l'autorisation de son mari. Il a fallu attendre 1965. Il faut attendre 1973 pour qu'on reconnaisse le viol conjugal, aujourd'hui encore on peut considérer le mariage comme le viol autorisé. En 1973 disparaît la notion de chef de famille, c'est l'autorité partagée. 

Souvent c'est la mère qui s'occupe de l'éducation, les couches, les levers, l'école... Un enfant a besoin de limites, d'heures fixes pour dormir, etc. Pendant que maman a l'illusion d'être une reine victoria a la maison , papa (pour ne pas passer pour un bourreau d'enfant -lol-) joue a la game boy avec l'enfant, fait toute la party ludique, achète les confiseries et autres, bêtises proscrites lol. Il continue a penser qu'à sa vie, son plaisir ( s'en fout de maman). Et qui l'enfant va préférer?
Bien sur on n'oublie pas sa courrone pour la fête des mères

 

La Famille est une structure, comme toute structure elle induit une hiérarchie. Une est écrasée, comment lui faire accepter cette place? Par la domination intèriorisée, depuis la maternelle, dans le langage, tout se met en place, est- ce que vainqueur existe au féminin? Chef, sa existe, cheftaine, c'est.. chez les scouts, etc., ensuite a la sortie de l'école, c'est "l'heure des mamans", un papa a la sortie, sa fait pas "normal". Le modèle donné a la maison, c'est  1, 20 m tout mouillé contre 1, 80 m, 1, 80 m dit "ta gueule!" à l'autre. La mère a peur, elle est dans le déni, si le petit fait remarquer l'insulte, elle l'engueule: "ton père parle pas comme ça!", ce mécanisme de déni "n'entend pas" conjoint a la domination intèriorisée "papa conduit car maman sait que les hommes conduisent mieux, même sont plus intelligents, ça a toujours été comme ça... " donne une image particulière: "la mère moins que rien, c'est mieux le père car il fait ce qu'il veut". 
Les unions qui durent sont celles ci, dés qu'on met un peu d'égalité, ça va au clash.

 

2000 : loi sur la parité

1980 : reconnaissance du viol comme crime

1975 : droit à l'avortement

1965 : droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de son mari

1944 : droit de vote

 

La part des femmes parmi les salarié-e-s à bas salaire : 80%.

De trés nombreuses femmes sont en situation de précarité, principalement les mères seules avec enfant. Elles constituent la majorité des salarié-e-s en CDD, à temps partiel, dans des emplois peu ou pas qualifiés et à bas salaire. La crise économique et sociale et les plans de rigueur successifs ont augmenté la précarité de toutes et tous. La dernière réforme des retraites aura pour conséquence de baisser les pensions déjà faibles des femmes.

 

La part des femmes parmi les "experts" invités dans les médias : 18%.

 

La part des femmes députées à l'Assemblée nationale : 18,5%.

La France occupe le 48 è rang du classement mondial de la parité. Les conseils municipaux et régionaux sont paritaires grâce aux scrutins de liste, mais on est trés loin de 50%de femmes à l'Assemblée nationale, au Sénat et dans les Conseils généraux. Les grands partis préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la parité. De manière générale, le sexisme du monde politique n'encourage pas l'engagement politique des femmes.

 

Les femmes assurent 80% des tâches domestiques et familiales, ce qui se traduit pour elles par une double journée de travail. Le trop faible nombre de places d'accueil des jeunes enfants et le coût des modes de garde ne permettent pas à tous les parents de mener de front vie professionnelle et vie familiale.

 

En 2013, le quotidien des femmes reste marqué par les inégalités salariales, la précarité, les violences physiques, sexuelles et psychologiques, les stéréotypes sexistes...

 

Des droits ont été gagnés, il y a 50 ans, les femmes ne pouvaient ni ouvrir un compte en banque sans l'autorisation du mari, ni porter plaint pour viol conjugal, s'il en est autrement aujourd'hui, c'est grâce aux mobilisations féministes qui ont su porter ces combats, c'est aussi parce que les politiques, à certains moments, ont su entendre ces revendications et faire preuve de volonté pour les transformer en avancées législatives.

Différence des salaires hommes/femmes : 30%. Mais quand on regarde d'autres pays comme l'Espagne :

es différents pays et leur position dans le classement des pays respectant la parité : 

L'Islande est la première 
L'Allemagne et la Belgique sont assez bien places. 
Nette progression de l'Espagne. 


//www.references.be/carriere/egalite-salariale-hommefemme-la-belgique-classee-13e

 

 

Quelques pistes de réflexion

Depuis 200 ans, la parité entre les hommes et les femmes n’a cessé de progresser

Si la parité désigne une égalité générale entre les hommes et les femmes, elle prend un sens plus restreint en s’appliquant parfois à la seule vie politique.

  • Même si certaines femmes ont occupé une place très importante dans l’histoire de la France, jusqu’au XXe siècle, le rôle politique de la femme n’a pas été favorisé . La Révolution n’a ainsi rien fait pour reconnaître ni a fortiori valoriser la place des femmes au-delà de leurs rôles traditionnels (épouse, mère), sinon en leur reconnaissant quelques droits civils.
  • L’histoire politique et sociale depuis 1789 reflète un mouvement d’émancipation progressif des femmes : protection contre le travail abusif au nom de leur rôle de mère, protection contre l’époux , reconnaissance d’un statut civil propre, octroi des droits politiques , ouverture progressive des études et des emplois aux femmes , loi sur l’interruption volontaire de grossesse (1975).
  • Dernière étape, en France, plusieurs textes ont été adoptés pour favoriser la place des femmes dans la vie politique. Après un échec en 1982, la révision constitutionnelle de 1999, complétée par la loi du 6 juin 2000, a ouvert la voie à des réformes législatives destinées à imposer les femmes dans la vie politique et sociale.

Cependant, de nombreux efforts restent à accomplir en vue d’une parité plus complète

  • Malgré les réformes et d’évidents progrès, les femmes restent encore minoritaires parmi nos élus (à l’encontre de nombreux pays occidentaux). Si la loi sur la parité a permis de faire élire beaucoup plus de femmes dans les conseils municipaux (35,8 % des conseillers municipaux élus au scrutin de mars 2008) et régionaux (48,3 % de femmes au 31 décembre 2010), celles-ci n’ont pas forcément accédé à des fonctions de responsabilité locale (seulement 14,2 % des maires au 31 décembre 2010).

Dans les conseils généraux, les résultats sont pour l’instant décevants (12,9 % des conseillers généraux sont des femmes au 31 décembre 2010).

À l’échelon national, on ne compte encore que 18,5 % de femmes à l’Assemblée nationale et 21,8 % au Sénat.

Au niveau local, seules deux femmes sont à la tête d’une région, alors qu’elles représentent près de la moitié des conseillers de ces instances. 13,8 % des maires sont des femmes, et celles-ci ne dirigent que 6 des 38 communes de plus de 100 000 habitants.

 

  • De même, dans les entreprises ou dans la haute fonction publique, les femmes restent très minoritaires aux niveaux de direction.
  • Bien que proportionnellement plus nombreuses que les hommes à accéder aux études supérieures, les femmes demeurent moins présentes dans les filières les plus cotées, subissent davantage le chômage, le temps partiel non choisi. L’écart des salaires moyens est aussi en leur défaveur.
  • Si les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes, cela tient au regard porté sur elles par la société. Cependant, il n’est pas sûr que la contrainte puisse imposer un renversement de tendance.

Des questions de fond demeurent sur le bien fondé de mesures coercitives en la matière

  • Le législateur a pris des mesures coercitives, pariant sur la discrimination positive en faveur des femmes, notamment en politique, pour une parité effective. Mais le débat demeure et jette un doute que certaines femmes, elles-mêmes, regrettent. L’électeur choisit-il une femme pour ses qualités personnelles ou pour sa qualité de femme ? Figure-t-elle sur une liste de candidats en position éligible pour ses compétences ou parce que c’est obligatoire ?
  • Par ailleurs, certains s’interrogent sur le bien-fondé d’un modèle égalisateur qui nierait les différences entre les hommes et les femmes. Ainsi, lorsque la Cour européenne des droits de l’homme contraint la France à autoriser le travail de nuit des femmes, strictement encadré depuis le XIXe siècle, certains se sont interrogés sur le progrès que cela représentait, tandis que d’autres mettaient en avant le respect de l’égalité de traitement entre hommes et femmes.
  • La question de la parité renvoie donc à des choix de société, par-delà la représentation politique, dont le rôle moteur a justifié un traitement spécifique. La loi a ainsi récemment égalisé l’autorité parentale ou renforcé la place du père dans l’éducation des enfants. La parité constitue donc un mouvement de fond favorable aux femmes en tant qu’individus, mais aussi une source profonde de modification de la place des femmes dans la société. Il paraît difficile d’aller plus loin sur un plan législatif, et ce sont plutôt certains comportements ou visions de la société qu’il convient de faire évoluer. Les droits étant les mêmes, reste à les faire comprendre, accepter et appliquer.
  • Enfin, la lutte pour la parité apparaît comme une question propre aux pays développés, alors que dans de nombreux États les femmes n’ont même pas encore acquis un minimum de droits civils. La dimension internationale du combat conduit sans doute la France à "montrer l’exemple".

Exemple concret

La révision constitutionnelle de juillet 1999 et ses suites

Le Conseil constitutionnel ayant censuré à plusieurs reprises des textes obligeant à placer des hommes et des femmes à parité sur des listes de candidats à une élection, les parlementaires, le gouvernement et le président de la République ont décidé de réviser la constitution pour rendre possibles de telles dispositions.

La constitution permet donc désormais au législateur d’encourager l’accès des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives, et donne mission aux partis d’y contribuer. Ce texte ne concerne que le domaine politique car le préambule de 1946 permettait déjà au législateur d’oeuvrer en faveur des femmes dans le domaine économique et social.

Après cette révision, le Parlement a adopté plusieurs textes d’application de ce principe, comme l’obligation de faire figurer autant de femmes que d’hommes, et de manière panachée, sur les scrutins de liste (municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants, régionales, européennes, sénatoriales dans les départements élisant trois sénateurs ou plus) et des pénalités financières pour les partis ne présentant pas autant de candidats que de candidates aux scrutins uninominaux ’loi du 6 juin 2000

 //www.lepoint.fr/societe/le-nombre-de-femmes-chefs-d-entreprise-en-baisse-dans-le-monde-07-03-2011-1303626_23.php

//www.capitalcom.fr/Documents/2012-10-06%20ENTREPRENDRE.pdf

//www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html

 

Le nombre de femmes chefs d'entreprise en baisse dans le monde

Le Point.fr - Publié le 07/03/2011 à 18:06

Les femmes occupent 20 % des postes de direction d'entreprise au niveau mondial en 2011, en baisse par rapport à 2009 où elles représentaient 24 % des dirigeants de sociétés, selon une étude publiée lundi par le cabinet d'audit et de conseil basé à Londres Grant Thornton.

L'étude, conduite au début de l'année auprès de 11 000 dirigeants d'entreprises privées de taille moyenne dans 39 pays du monde, est publiée à la veille de la Journée internationale des femmes.

La Géorgie (40 %), la Russie (36 %), et Hong Kong et les Philippines (35 %) arrivent en tête des pays où les femmes sont les plus représentées dans les postes de direction. À l'inverse, les proportions les plus basses ont été enregistrées en Inde (9 %), dans les Émirats arabes unis (8 %) et au Japon (8 %). Parmi les femmes dirigeantes, 8 % seulement occupent la fonction de directrice générale ou de présidente.

En France, où la proportion de femmes dans les équipes de direction atteint 21 %, en hausse de 3 points par rapport à 2009, selon cette étude, une nouvelle loi sur la parité votée en janvier prévoit d'instaurer des quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises de plus de 500 salariés et de 50 millions de chiffre d'affaires. D'ici janvier 2014, 20 % des membres des conseils d'administration devront être des femmes et trois ans plus tard, en janvier 2017, cette proportion devra atteindre 40 %.

 

Peut-on en finir avec le plafond de verre ?

Catherine Halpern

 

Malgré leur place croissante dans le monde du travail, les femmes sont encore largement minoritaires aux postes de décision. Le « plafond de verre » qui entrave leur carrière constitue une réalité indéniable mais qui résiste à toute explication simpliste.

Qu’est-ce que le plafond de verre ?

Le plafond de verre ( glass ceiling ) est une expression apparue aux États-Unis à la fin des années 1970 pour désigner l’ensemble des obstacles que rencontrent les femmes pour accéder à des postes élevés dans les hiérarchies professionnelles. La métaphore, si elle n’explique pas le phénomène, a au moins le mérite d’être parlante : tout se passe comme si un plafond invisible empêchait les femmes de grimper les échelons. Plus largement, l’expression « plafond de verre » est aussi pertinente pour tout emploi où il y a possibilité d’une évolution de carrière. La question est alors de comprendre ce qui, à compétences égales, contrarie la progression professionnelle des femmes par rapport à celle des hommes. Cette inégalité des chances est devenue depuis une quinzaine d’années un axe de réflexion important dans la recherche (en particulier en sociologie du travail et des organisations, et dans les études sur le genre), mais aussi dans le champ politique, national, européen ou international, dans le cadre de la lutte contre les discriminations. On ne compte plus les rapports publiés par les pouvoirs publics ou les entreprises sur les inégalités de carrière entre hommes et femmes. Parce que les obstacles sont de plus en plus visibles mais tout aussi lourds, la sociologue Catherine Marry préfère pour sa part parler de « ciel de plomb » pesant sur les carrières féminines. N

 

 

Quelle est son ampleur ?

Les femmes sont de plus en plus diplômées mais aussi de plus en plus présentes dans les professions qualifiées. Néanmoins les statistiques mettent en évidence une forte prépondérance masculine aux postes de pouvoir et de décision.-

• Entreprises. En France, les chefs des moyennes et grandes entreprises sont à 93 % des hommes. Début 2008, il n’y avait que 7,64 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés du Cac 40 (1). Si le nombre de femmes dans les postes d’encadrement varie beaucoup d’un pays à l’autre (tableau p. 20) , elles restent dans tous les cas très largement minoritaires dans les postes de direction. Aux États-Unis, par exemple, alors qu’elles représentent tout de même 45 % des cadres et managers, elles ne constituent que 5 % des cadres dirigeants (2). Les Philippines sont le seul pays à compter autant de femmes que d’hommes dans les fonctions d’encadrement (3), mais elles restent minoritaires dans les postes de direction.

• Politique et haute fonction publique. Fin 2005, les femmes ne représentaient en France que 7 % des préfets, 14 % des recteurs et 6 % des dirigeants de juridictions nationales (Cour de cassation, Conseil d’État, Cour des comptes) (4). Depuis 2007, l’Assemblée nationale compte 107 femmes pour 577 places. Malgré la loi sur la parité, en 2008, il y a 91,5 % d’hommes maires dans les villes de plus de 3 500 habitants…, et 86,9 % d’hommes conseillers généraux (5). Un rapport de la Commission européenne (« Women and men in decision-making 2007 – Analysis of the situation and trends ») montre que la proportion des femmes parmi les parlementaires nationaux a augmenté : elle est passée de 16 % en 1997 à 24 % en 2007. Mais aucune banque centrale des 27 pays membres de l’Union européenne n’est dirigée par une femme.

• Recherche et enseignement supérieur. En 2001-2002, l’université française compte environ 15 % de femmes parmi les professeurs de l’enseignement supérieur et 38 % parmi les maîtres de conférence, ce qui la place derrière le Portugal mais devant la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas (dans ce pays en 1998, 5 % de professeurs et 7 % dans ce qui correspond à nos maîtres de conférences) (6). Un plafond de verre que l’on retrouve dans la recherche (encadré p. 22) .

D’après l’Insee, en 2005, alors qu’elles comptent pour 45 % de la population salariée, les femmes représentent 25,4 % des cadres dans le privé et semi-public et le salaire de leurs homologues masculins est en moyenne supérieur de 26,7 %. Les femmes cadres ont souvent moins de responsabilités, gèrent habituellement des équipes plus restreintes et sont cantonnées dans certains types de poste, par exemple les ressources humaines ou la communication considérées comme valorisant des compétences relationnelles plus « féminines ». Et même quand leur carrière est au début similaire aux hommes, elle tend à patiner, en particulier autour de l’âge de 35 ans (encadrés pp. 21 et 22) . n

(1) Source : www.actiondefemme.fr (2) Marilyn J. Davidson et Ronald J. Burke, « Les femmes dans le management. Une perspective mondiale », Revue française de gestion , vol. XXX, n° 151, 2004. (3) Voir Sébastien Farcis, « Les femmes philippines à l’assaut du plafond de verre », Sciences Humaines , n° 188, décembre 2007. (4) Insee, Regards sur la parité , La Documentation française, 2008. (5) Marie-Jo Zimmermann, rapport « Élections municipales et cantonales 2008 : les partis politiques résistent encore à la parité », 2008. (6) Armelle Le Bras-Chopard, « La politique d’égalité des chances femmes/hommes dans l’enseignement supérieur au ministère de l’Éducation nationale », in Christine Bard, Christian Baudelot, Janine Mossuz-Lavau (dir.), Quand les femmes s’en mêlent. Genre et pouvoir , La Martinière, 2004.

Le plafond de verre tient-il à des préjugés sexistes ?

Les facteurs d’explication sont à la fois nombreux et hétérogènes. Si les femmes sont parfois l’objet de harcèlement ou de pratiques discriminatoires, il reste que le plafond de verre ne s’explique pas principalement par une discrimination active. Un certain nombre d’études mettent en avant des facteurs psychologiques liés aux poids des stéréotypes et des normes. L’ambition et la compétitivité valorisées dans les carrières apparaissent comme des qualités masculines (1). Ce qu’établissent certaines expériences de psychologie qui révèlent que les concepts comme le charisme, la combativité, le pouvoir, l’autorité…, sont associés implicitement aux hommes et peu aux femmes. Ces stéréotypes auraient un impact à la fois sur le recrutement mais aussi en amont, sur les choix que font les femmes qui les auraient intériorisés. Ce qui expliquerait une moindre ambition professionnelle, une moindre combativité et une moindre confiance en elles. Mais il s’agit peut-être également d’un choix raisonné pour éviter le « coût psychique » qu’il y aurait à surmonter pour s’imposer dans certaines carrières, en particulier dans des métiers scientifiques et techniques, jugés plus « masculins ».

L’orientation et les choix professionnels expliquent en partie le plafond de verre. Les femmes optent souvent pour des filières moins « rentables » du point de vue de l’évolution des carrières et des salaires. Si l’on considère les bachelières et les

bacheliers scientifiques de 2002, 22,9 % des filles sont entrées dans une classe préparatoire aux grandes écoles, contre 38,8 % des garçons. Elles représentent seulement 20 % des effectifs des écoles d’ingénieurs qui constituent un vivier de choix pour les cadres dirigeants. Les femmes sont nombreuses dans le secteur des services à la personne et le soin mais beaucoup moins dans l’ingénierie, l’industrie, le bâtiment, l’énergie, l’informatique…

(1) Voir Esther Duflo, « La femme et le plafond de verre », Libération , 27 novembre 2006, qui se réfère à deux études, l’une menée par l’université d’Harvard et l’autre par l’université de Pittsburg.

Quelle est la responsabilité des entreprises ?

Le plafond de verre s’explique aussi par des obstacles et des blocages liés à l’histoire et au fonctionnement des organisations et des mondes professionnels. La question de l’articulation entre vie privée et vie professionnelle est cardinale pour appréhender le plafond de verre. Or le modèle du manager idéal reste encore largement masculin. Les entreprises valorisent la disponibilité, laquelle est plus difficile à conjuguer pour les femmes qui assurent encore l’essentiel des tâches domestiques. La maternité, parce qu’elle induit des discontinuités dans la carrière, leur est également préjudiciable. Il en est de même du temps partiel choisi ou contraint (80 % est occupé par des femmes) qui le plus souvent constitue un handicap dans la progression de carrière. L’importance accordée par les entreprises à la mobilité (de plus en plus internationale) pose également problème puisqu’elle suppose en général que le conjoint fasse passer sa carrière au second plan, alors que classiquement c’est la carrière de l’homme qui est favorisée.

Autre facteur mis également en évidence, les femmes auraient une plus grande difficulté à bénéficier des réseaux informels dans un monde dirigeant très fortement masculin et qui favorise l’entre-soi. D’autant qu’entretenir son réseau demande beaucoup de temps, ce dont elles ont précisément tendance à manquer .

Comment y remédier

En France, des dispositifs légaux ont été mis en place pour favoriser l’égalité professionnelle des hommes et des femmes, en particulier la loi Roudy de 1983 et la loi Génisson de 2001 qui ont toutes deux un bilan mitigé. Un accord national interprofessionnel a également été signé le 1er mars 2004 pour favoriser l’égalité hommes-femmes et s’engager pour des mesures concrètes autour de plusieurs axes : évolution des mentalités, meilleure orientation, recrutement plus juste, formation continue, garantie des mêmes possibilités de progression de carrière pour les femmes et les hommes, égalité salariale. La loi du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes vise à supprimer les écarts de rémunération dans les cinq ans, à mieux articuler la vie professionnelle avec la vie personnelle et familiale, à favoriser l’accès des femmes à la formation continue et à l’apprentissage. Enfin, créé à l’initiative du ministère du Travail fin 2004 dans une perspective volontariste, le label « Égalité » récompense les entreprises, administrations ou associations qui se sont engagées à valoriser et promouvoir l’égalité professionnelle hommes-femmes. En mars 2008, 38 entreprises, représentant plus de 600 000 salariés, l’avaient obtenu.

C’est le cas de l’entreprise Eau de Paris qui a engagé depuis 2005 une démarche volontariste dans un secteur de métiers traditionnellement masculins. Le recrutement entend être plus objectif ; l’accent n’est plus mis sur la « disponibilité » qui tendait à écarter les candidatures féminines. De plus, l’entreprise garantit le maintien du salaire pendant le congé maternité, accorde six jours d’absence aux parents d’enfants malades et verse même une prime de garde de 7 euros par jour.

Cet exemple montre qu’il apparaît déterminant de changer la culture d’entreprise pour qu’elle soit davantage sensibilisée à la question de l’égalité hommes-femmes. Cela exige, explique la sociologue Bénédicte Bertin-Mourot, « une révolution culturelle, à l’heure où la performance et l’efficacité sont souvent mesurées à l’aune du temps de présence dans l’entreprise. Il faudrait que les femmes, si on leur en laisse la possibilité, démontrent qu’il est possible d’être performant en gérant le temps autrement. Alors les hommes adopteraient peut-être également ce rythme (1).  »

À la fin, c’est sans doute un véritable changement de société que nécessiterait l’éradication du plafond de verre. Telle est la position de Dominique Méda (2) qui appelle à un autre partage des tâches, en particulier ménagères. Les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes exigent la « déspécialisation » des rôles et une plus grande implication des
hommes dans la sphère domestique.

Il convient de noter que certains pays ont adopté une démarche plus coercitive que celle engagée par la France telle la Norvège qui a ainsi instauré un quota légal de 40 % de femmes dans les conseils d’administration depuis le 1er janvier 2006. Les entreprises qui ne s’y conformeront pas seront dissoutes. Un argument de poids !

NOTES :

(1) Entretien avec Bénédicte Bertin-Mourot, « Toujours pas de dirigeantes à l’horizon », Les Cahiers ENSPTT , n° 8, avril 1998. (2) Dominique Méda, Le Temps des femmes. Pour un nouveau partage des rôles , Flammarion, coll. « Champs », 2008.

 

 



05/08/2013
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