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Diminuer le train de vie de l'Etat

Dénonçant la hausse de 798% du budget de l'Elysée entre 1995 et 2006, Ségolène Royal a présenté cinq mesures pour que la présidence de la République devienne "économe et transparente".

La candidate socialiste à l'élection présidentielle a critiqué "l'opacité" des dépenses élyséennes et a dit vouloir "mettre fin à cette dérive monarchique qui consiste à faire croire qu'un chef de l'Etat peut dépenser l'argent public sans contrôle et sans limite", lors d'un point de presse à Paris.

"On connaît la situation des déficits publics de la France et je pense que c'est au plus haut niveau de l'Etat qu'il faut donner l'exemple", a-t-elle expliqué, soulignant la hausse de près de 800% du budget de l'Elysée sous les deux présidences de Jacques Chirac "sans que le Parlement n'ait jamais eu ... à une explication sur les raisons de cette inflation financière".

La présidente de Poitou-Charentes a promis de mettre en oeuvre "cinq réformes pour faire en sorte que la présidence de la République devienne vraiment républicaine".

Elle a ainsi souhaité que le budget de la présidence de la République soit présenté en totalité au Parlement dans le cadre de la loi de finances et qu'il soit soumis au contrôle de la Cour des comptes.

La candidate socialiste a également affirmé que, si elle était élue, toutes les dépenses privées du chef de l'Etat et des membres du gouvernement seraient à leur charge.

Elle s'est également donné pour objectif de réduire de moitié les frais de réception de l'Elysée et a annoncé qu'une commission - "que je confierai à la Cour des comptes" - ferait l'inventaire de l'ensemble des propriétés dépendant de l'Elysée et des ministères, pour évaluer leur coût de fonctionnement et étudier la possibilité d'ouvrir au public "tous les parcs et jardins qui dépendent de ces propriétés".

"Vous aurez ... à tous ces comptes et à toutes ces données parce que je crois que cela fait partie de l'Etat impartial", a-t-elle promis à la presse.

Relevé page 88 du numéro de février du magazine Capital : "L'Elysée sous Chirac, un budget pharaonique !"

Lors de sa campagne électorale de 1995, il nous avait promis une présidence modeste... Au lieu de quoi, c'est Byzance !

105% de hausse des crédits en 20 ans
De 43,7 millions d'euros en 1987, les dépenses de l'Elysée sont passées à 90 millions d'euros en 2006. Grâce à Chirac, la France est en tête des budgets d'Etat européens (54,2 millions pour le Royaume-Uni, 25 millions pour l'Espagne, 10 millions pour la Finlande, 8 millions pour la Belgique)...

963 salariés au service du chef de l'Etat
Les 818 salariés dont se contentait Mitterrand ne lui suffisant pas, Chirac en a recruté 145 de plus.

21 personnes au service de Madame
Pour son cabinet, Bernadette dispose de 6 secrétaires et de 2 chaufeurs personnels. Elle loge dans l'aile est du palais.

61 voitures de fonction + 7 scooters
En 12 ans, Chirac accru de 50% le parc automobile de l'Elysée : 44 chauffeurs sont appointés, dont 2 pour le président.

6,9 millions d'euros de primes discrétionnaires
Versées aux personnels de l'Elysée, cette "indemnité de sujétion" atteind en moyenne 7.262 par an et par personne.

97 fonctionnaires pour garder quatre châteaux déserts
Mis à part le fort de Brégançon où la famille présidentielle passe ses vacances, le pavillon de Marly, le Grand Trianon de Versailles, le domaine de Souzy-la-Biche et le château de Rambouillet sont les autres résidences de l'Elysée où la famille Chirac ne met jamais les pieds. Elles coûtent 4,8 millions d'euros par an à entretenir, sans compter les salaires des 97 employés qui les "gardent".

Frais de bouche
Bien que Chirac ne boive que de la Corona, l'Elysée consacre 250.000 par an en grands crus. Le budget des petits fours, lui, coûte 4 millions.

La Garde Républicaine (2.200 soldats, 510 chevaux et 3 fanfares), qui n'assure que des missions d'apparat pour l'Elysée, Matignon et le Sénat, coûte près de 200 millions d'euros par an à la Gendarmerie.

Jacques Chirac, lui, gagne 6.594 par mois : de l'argent de poche, en somme...

Après, on va aller cracher sur les chômeurs "profiteurs" (allocation moyenne : 800 par mois pour 23 mois maximum), les RMIstes "fainéants" et autres minima sociaux "déresponsabilisés" qui survivent avec environ 400 par mois, grands crus, déplacements en avion et petits fours compris... L'opinion publique est-elle aveugle à ce point, prête à fustiger la France de tout-en-bas au lieu de regarder comment vit la France de tout-là-haut ?

Chirac s'en va : bon débarras ! On espère que son successeur, s'il demande encore aux Français de faire des sacrifices au nom de la mondialisation et de la dette publique, n'aura pas l'indécence d'afficher le même train de vie, que ce soit en frais de bouche ou en sécurité personnelle.



20/04/2007
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