Politique idées

La pollution du Rhône


L'affaire de la pollution du Rhône par les PCB prend de l'ampleur

MARIELLE COURT avec FRÉDÉRIC POIGNARD (à Lyon). Publié le 20
septembre 2007
 :

LA CONTAMINATION du Rhône par les PCB (1) est-elle la partie
 immergée
d'une immense pollution ? Les associations environnementales
comme
 la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature),
 qui suit ce dossier depuis plus de vingt ans mais également le
WWF,
en sont convaincues. « Un Tchernobyl à la française » n'hésite pas
 à
proclamer l'association au panda. « Plus on cherche plus on trouve
 »,
 renchérit Alain Chabrolle, spécialiste de ce dossier à la Frapna.


C'est dans les sédiments du Rhône et dans la chair des poissons
autour de
Lyon, que la présence du PCB a tout d'abord été détectée, ce qui
laisse
supposer que la pollution est ancienne. Plus tard on s'est rendu
compte
 que tout le fleuve était contaminé, de la capitale rhodanienne
jusqu'à
la Camargue.


« L'OMS a fixé à 8 picogrammes par gramme la concentration
admissible en
PCB dans les poissons destinés à la consommation. En 2007, les
résultats
 des prélèvements réalisés sur six espèces de poissons montrent
 une
contamination allant jusqu'à 59 pg/g », souligne un rapport du
Cemagref
(institut public de recherche).


Aujourd'hui, plus aucun poisson pêché dans le Rhône ne peut être
 commercialisé. La préfecture de région devrait annoncer un plan
 de
 recherche afin d'affiner la cartographie de la pollution. La
Drire
(Direction régionale de l'industrie de la recherche et de
 l'environnement)
 aurait dans ce cadre la mission d'effectuer de nouveaux carotages
 sur les
 sédiments et « le préfet est d'accord pour que l'on prolonge les
analyses
dans l'Isère, la Saône et la Durance » explique-t-on à la
préfecture.
 Des décisions qui arrivent bien tard. « Les premières alertes
 remontent à
1986 », rappelle Alain Chabrolle mais à l'époque, toutes les
plaintes
contre X déposées par la Frapna et des pêcheurs sont restées sans
suite.
L'entreprise Tradi Séché, basée à Saint-Vulbas (Ain), soupçonnée
 d'être à
l'origine de la pollution appartenait à l'État jusqu'en 2002.
 Ceci aurait
expliqué cela, estiment les associations.


« Quid des impacts sur la santé »


« Pendant longtemps, les autorités, juge et partie, ont feint
d'ignorer la
 situation. Aujourd'hui, l'État joue les pompiers mais cela risque
 de
 coûter une fortune s'il veut tenter de dépolluer », s'insurge
Alain Chabrolle qui redoute par ailleurs que la pollution ait
 gagné
la mer et affecte dès lors, la pêche côtière. « Quid des impacts
sur
la santé des personnes qui des années durant ont mangé des
poissons pêchés
 dans le Rhône », demande de son côté le WWF qui réclame des
 études
épidémiologiques. Les PCB dont la vente est interdite depuis 1987
 entraînent « des problèmes de fertilité, de croissance et une
dégradation
du système immunitaire », rappelle l'association.


Au côté des pêcheurs et des associations, les villes dont la
communauté
 urbaine de Lyon (55 communes), et Arles ont à leur tour porté
plainte.
 Les associations demandent également que des investigations
soient menées
dans d'autres grands cours d'eau telle que la Seine ou la Loire.
Le dossier PCB n'est pas prêt d'être refermé.


(1) Polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de pyralène.

http://www.lefigaro.fr/sciences/20070920.FIG000000056_l_affaire_de_la_pollution_du_rhone_par_les_pcb_prend_de_l_ampleur.html




26/10/2007
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