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Pornographie

Ca cause pornographie telle qu'elle est majoritairement réalisée aujourd'hui, pour un public toujours plus avide de sensationnalisme violent et très majoritairement masculin. Ca me rappelle le jour où un gay séropo barebacker militant à multi partenaires et gros consommateur de films pornos genre gonzo, m'avait expliqué que les films "classiques" étaient très également appréciés des gays car les mecs passifs s'identifiaient à la femme et à sa maltraitance donc qu'il était à fond pour le porno sexiste et misogyne, d'autant plus qu'il méprisait profondément les femmes, ces êtres inférieurs car "sans pénis" (sic) ! Il était aussi complètement opposé au port du préservatif dans les productions puisqu'il l'est déjà dans la vie, et les producteurs qui savent bien que ces types sont parmi leurs premiers consommateurs se gardent bien de les rebuter en en imposant à leurs acteurs d'où une hécatombe due au sida dans le milieu des hardeurs/ses.

Bref, voici un extrait de cet article, et qu'on ne s'étonne pas des ravages que produisent les films pornographiques sur les êtres fragiles, en particulier les adolescents et même les enfants qui y ont ... même si ils sont normalement réservés aux majeurs :

Porno: La fête est finie

Raciste, sexiste et cynique le nouveau porno est là. Face à son ultra-réalisme, dont les vidéos gonzo sont emblématiques, les spectateurs commencent tout juste à réagir.

ttp://www.360.ch/presse/2007/03/porno_la_fete_est--_finie.php

Tombant un jour sur une vidéo de "throat gagging" (bâillonnement de gorge), le journaliste français Frédéric Joignot raconte une scène de fellation forcée où lactrice semble prête à défaillir: "Dun seul coup, je me suis rendu compte que jétais le témoin dun viol, que la violence et lhumiliation sur lécran nétaient pas truqués, quelles étaient vraiment vécues." Le choc de cette confrontation la amené à consacrer une enquête récemment parue à ce quil nomme "pornographie de la démolition".

Sur Internet, les images du porno daujourdhui posent toute la question de la limite entre simulation et réalité, consentement et contrainte. Envers les femmes, mais aussi les travestis et dans une moindre mesure les hommes, les notices qui vantent ces vidéos font froid dans le dos: Jeunes femmes explosées brutalement dans tous les sens, déchirées, achevées, hommes subissant dinterminables bukkake (inspirés des viols punitifs pratiqués au Japon) ou des tests dendurance à la fellation profonde (étranglé ou avec le nez bouché) et, peut-on invariablement lire, ils/elles en redemandent.

Autre caractéristiques de ce type de film, lélément ethnique: latinos, beurette ou blackos sont autant de produits dappel. Parlant du porno gay, luniversitaire Jean-Raphaël Bourge note, par exemple: "On fabrique des personnages ultra-virilisés, où plus tu es foncé, plus du es actif. Pour la promo dun film comme Matos de blackos, on te parle des acteurs en renvoyant constamment à leur masse virile, leur animalité."

Très souvent porteur dune violence et dun racisme qui ne disent pas leur nom, le gonzo est emblématique de ce cinéma all-sex, décomplexé et cynique, qui déferle sur les écrans depuis le milieu des années 90. Au carrefour du reality show et de la vidéo amateur, il représente une série de personnages plus ou moins interchangeables dans des situations stéréotypées, ultrasimplifiées. Cest Essayages de jeunes mariées, Petits mecs contre cash, Pom-pom girls en audition. Et tant mieux si les images sont de piètre qualité, car elles procurent à lensemble la patine du vécu.

Si le gonzo a acquis une part de marché importante, peut-être même dominante aux Etats-Unis, cest quéconomiquement, il exauce tous les rêves des producteurs. Bouclé avec quelques milliers de francs, un gonzo se compose de séquences tournées avec des moyens légers, des acteurs peu expérimentés et en un minimum de temps. De là, un marketing de niche permet de rentabiliser rapidement la série, ou au contraire de labandonner.

pornographie de la démolition

Gang bang : Enquête sur la pornographie de la démolition, de Frédéric Joignot (présentation de son livre sur Amazon).

"Gang Bang", "Bukkake", "Throat Gagger" : une nouvelle pornographie violente, une pornographie de la "Démolition", se développe sur Internet où des "hardeurs", souvent masqués, s'y prennent à plusieurs pour éreinter, parfois violer des jeunes
femmes anonymes appelées "Candy" ou "Sweety". Des milliers d'actrices se voient ainsi châtiées, maltraitées, humiliées dans ce qu'il faut bien appeler un bagne sexuel. Cette nouvelle pornographie dite aussi "gonzo" - une expression américaine désignant une forme de reportage où le journaliste participe à l'événement - gagne non seulement la Toile, mais influence toute l'industrie du cinéma X. Dans cette enquête inquiétante, Frédéric Joignot, pourtant amateur de pornographie et hostile à toute prohibition, lève l'omerta qui règne sur ce cinéma sans limites et donne la parole aux actrices et aux "travailleurs du sexe". II nous met en garde : un viol filmé n'est plus considéré comme un viol mais comme un reality-show ; la réalité de la souffrance et des corps a été absorbée par le virtuel.
 


11/11/2007
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