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USA (et bientot en France) classes moyennes en péril, entrée en récession, guerre en Iran

USA : Classes moyennes en péril
20 mai 2007

Dérégulations, flexibilité, privatisations, diminution des impôts pour les plus fortunés nous sont présentés commes les piliers du succès économique. Mais qui en profite ? Aux USA, qui ont mené ces politiques avec le plus de vigueur, la classe moyenne a vu son sort se précariser considérablement depuis 2001. Aujourdhui, seul un foyer sur cinq est en mesure de faire face financièrement aux frais occasionnés par une petite intervention médicale, et les trois quarts devraient quitter leur domicile après trois mois en cas de perte demploi.

Les foyers américains peuvent-ils encore faire face financièrement aux imprévus tels la perte dun emploi ou un problème de santé ? Une étude menée pour le compte du parti Démocrate montre que les risques économiques auxquels sont exposés les familles se sont considérablement accrus ces dernières années.

La classe moyenne est aujourdhui plus fragilisée devant les imprévus de la vie, comme la perte dun emploi, ou une urgence médicale, quà aucun moment depuis la fin des années 1970.

Létude intitulée La classe moyenne en désarroi , menée conjointement par le Center for American Progress (CAP) et un syndicat, à partir des données de la Banque Centrale, du Bureau des Statistiques du Travail, et des données des recensements, décrit une situation de périls accrus pour les 60% des foyers américains dont les revenus vont de 18 000 à 88 000 dollars par an.

Malgré les succès de léconomie, la progression de la bourse et les bénéfices accrus pour les entreprises qui expliquent lenrichissement des plus riches, la classe moyenne américaine est soumise à une pression sans précédent, qui la place dans une situation de plus en plus inconfortable.

Les pertes de revenus observées depuis 2001 sont considérables, note cette étude.

Les revenus des familles de la classe moyenne stagnent depuis 2001.

Les principaux postes de dépenses des budgets familiaux - logement, santé, éducation, et déplacements - ont explosés, ne permettant plus aux familles dépargner.

Les familles de la classe moyenne doivent recourir massivement à lemprunt pour faire face aux dépenses courantes.

Les familles sont contraintes de vivre au dessus de leurs moyens, simplement pour les dépenses de base, comme le logement et la santé , déclare Christian Weller, économiste du CAP, qui ajoute Ils sont obligés de dépenser non seulement leurs revenus actuels, mais aussi futurs.

Les chercheurs du CAP ont décrit leurs résultats en terme de risques encourus par les familles, en réponse aux imprévus.

Pourriez vous garder votre logement durant trois mois en cas de perte demploi du chef de famille ? Seuls 28% des foyers des classes moyennes ont répondu positivement alors quil étaient 39% en 2001.

Disposez vous dune réserve financière pour faire face à une urgence médicale ? Avec une inflation à deux chiffres des assurances-santé durant les dix dernières années, le nombre daméricain sans couverture santé sest accru de 1,3 millions en 2006, arrivant à un total de 46,6 millions. Le cout de lassurance santé pour un foyer à augmenté de près de 90% depuis lan 2000. Létude du CAP montre que 22% des foyers disposent dune réserve de 3 000 dollars, qui correspond au coût moyen dune petite urgence médicale, comme le soin dune cheville cassée, par exemple. Ils étaient 35% à pouvoir faire face à cette dépense en 2001.

Disposez vous dune réserve de trois mois de revenus, permettant de faire face en cas de coup dur ? Il ny avait plus en 2004 que 18% des foyers à disposer de cette somme, alors quils étaient 29% en 2001, et le chiffre a sûrement baissé depuis.

Les gens sont terriblement anxieux, les familles sont stressées , salarme Andy Stern, responsable syndical, la marée montante économique ne soulève pas tous les bateaux, mais seulement les paquebots de luxe. Elle ne construit pas le genre dAmérique que chacun dentre nous désire.

Uniquement pour les dépenses courantes les Américains doivent faire appel au crédit à la consommation à un niveau sans précédent. Lendettement des ménages a augmenté de 5 200 milliards depuis 2001, et en juin 2006, lendettement moyen dun foyer a atteint 1,29 fois son revenu, alors quil nétait que de 90% de celui-ci en 2001.

De nombreux propriétaires hypothèquent leur bien, ou on recours au crédit pour payer leurs dépenses en énergie ou en soins médicaux.

Les familles de la classe moyenne sont aussi confrontées à linflation du coût de lenseignement supérieur, qui a augmenté de 44% en 4 ans.

Economistes et commentateurs, comme Lou Dobbs de CNN, sinquiètent de cette situation et réclament que les politiques agissent pour améliorer la situation financière de la classe moyenne. Dobbs en a fait un thème majeur de ses chroniques télévisées, considérant que la dégradation de la situation des américains moyens peut-être décrite en terme de ... lutte de classe.

Contre Info, daprès MSN Money

Sur le net
Center for American Progress
Middle Class in Turmoil

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=100-0



Economie us : la perfusion de la fed et de wall street qui masque l'entrée en récession


Economie US : la perfusion de la Fed et de Wall Street qui masque l'entrée en récession
- Info décryptée (5 juin 2007) -



La récession est bien en route. Avec une croissance US tombée à 0,6% au 1 trimestre (1) (encore plus faible que les 0,8% retenus par l'équipe LEAP/E2020 pour ses estimations de l'évolution multidevises du PNB US), l'économie américaine est de facto à l'arrêt avant de commencer à se contracter (ce qu'elle fait déjà depuis 2 trimestres quand on la mesure en Euros, Livres sterling ou Yuans; cf. GEAB N15).

L'immobilier continue à s'effondrer (les ventes en cours affichent en Avril une baisse de -3,2%), les revenus des ménages sont négatifs (-0,1%) avec un taux d'épargne qui continue à plonger à des niveaux historiques (-1,3% en Avril) (2), ... la liste est longue des indicateurs objectifs qui continuent à s'enfoncer en territoire négatif. Mais, les marchands de rêve que constituent désormais la plupart des médias et experts économiques et financiers préfèrent mettre l'accent sur les indices de confiance (c'est-à-dire des indicateurs subjectifs, sensibles à l' air du temps créé justement par ces mêmes opérateurs médiatiques et institutionnels) (3).


Taux d'épargne des ménages américains source Réserve Fédérale de Saint-Louis
A plusieurs reprises, dans le Global Europe Anticipation Bulletin, LEAP/E2020 a montré comment la relation incestueuse entre la Réserve Fédérale US et les principaux opérateurs de Wall Street permettait de créer artificiellement des évolutions ou des tendances qui n'avaient en fait que deux types de résultats : d'une part tenter futilement de bloquer une tendance lourde affectant la sphère économique et financière; d'autre part, permettre aux acteurs majeurs de se préparer à un changement important des tendances dominantes. Les petits opérateurs font généralement les frais de ces opérations car elles leur masquent la réalité jusqu'au dernier moment: quand il est trop tard pour faire autre chose que subir les pertes.

Actuellement, la grande question est désormais de savoir si la croissance américaine va redémarrer ou bien si la récession est bel et bien entamée. Alors, attardons nous sur l'un des indices clés utilisés ces dernières semaines pour comprendre pourquoi la récession est bien là; et pourquoi la collusion Fed/WallStreet est essentielle pour tenter de retarder la prise de conscience généralisée de cette situation.

A cette fin, analysons la dernière livraison (17 Mai 2007) de l'indice des principaux indicateurs économiques (leading indicators) élaborés chaque mois par le Conference Board. Cet indice intègre les principaux indicateurs économiques du mois pour tenter d'en déterminer une valeur générale, censée donner une idée précise de la direction que va prendre l'économie américaine dans les mois qui suivent. En Mai 2007, l'indice des principaux indicateurs est ressorti négatif (-0,5%), ce qui semble bien indiqué une orientation récessionniste; mais là n'est pas notre propos. Ce n'est pas tant l'indicateur que la nature de sa composition qui nous intéresse ici.

En effet, quand on regarde ses 10 composantes (permis de construire, chômage hebdomadaire, commandes à l'industrie hors défense, attente des consommateurs, résultats ventes, horaire moyen dans le secteur manufacturier, différentiel des taux d'intérêts, actions et offre monétaire), on constate qu'en Mai 2007, seules les composantes actions et offre monétaire étaient positives. Tout le reste est négatif.

Or, l'équipe LEAP/E2020 a souligné dès Février 2006 (4), et à l'occasion de plusieurs numéros du GEAB, que les autorités monétaires américaines agissaient de plus en plus de concert avec les grandes banques d'affaires opérant aux Etats-Unis, en utilisant l'accroissement de l'offre monétaire pour servir des intérêts politiques, économiques et financiers américains. Cette collusion de la Fed et des banques d'affaires américaines en particulier a pris des dimensions inégalées dans l'histoire américaine (5) : que ce soit pour accroître la quantité de Dollars US en circulation dans le monde pour diluer la dette abyssale des Etats-Unis, pour éviter les chutes de cours à Wall Street via la Plunge Protection Team ou désormais, en alimentant directement la hausse du cours des actions, afin de maintenir la fiction que l'économie US n'est pas déjà entrée en récession.


Actifs Goldman Sachs par rapport au crédit bancaire de la Réserve fédérale (source Financial Sense University)
Quand les perspectives d'une économie ne tiennent plus qu'à l'offre monétaire et à la valeur des actions, c'est que cette dernière est entrée dans une phase de virtualité totale. Surtout que, contrairement à ce que les marchands de rêves se plaisent à raconter, les performances des entreprises américaines au 1 trimestre ont été extrèmement faibles : 3% de profit en moyenne pour l'ensemble des entreprises américaines. On est loin des 10% et plus de ces dernières années et des bons chiffres de rentabilité par action, annoncés par les entreprises du Dow Jones, qui résultent pour l'essentiel d'une hausse mécanique du fait du nombre plus faible d'actions notamment via les rachats massifs effectués par les entreprises américaines.
Là encore, il ne faut pas regarder le miroir au alouettes qu'est Wall Street; ou en tout cas, il faut savoir regarder ce qu'il y a derrière le miroir. C'est aussi à ça que sert chaque mois le Global Europe Anticipation Bulletin.


http://www.leap2020.eu/Economie-US-la-perfusion-de--la-Fed-et-de-Wall-Street-qui-masque-l-entree-en-re-cession_a687.html

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À son tour, la Syrie découple sa monnaie du dollar

Après la récente initiative koweitienne visant à limiter linflation et le coût des importations provenant dEurope en dissociant sa monnaie du dollar états-unien, la Syrie est le deuxième pays du Moyen-Orient en moins de quinze jours qui annonce sa décision de lier sa monnaie, la livre syrienne, à un panier de devises plus diversifié à compter du mois de juillet 2007.
Ayant converti en euros la moitié de ses réserves durant lété 2006, la banque centrale syrienne espère que cette nouvelle mesure ralentira la hausse des prix affectant le pays parallèlement à la chute du dollar face à leuro. Cela devrait en outre inciter les Emirats ... Unis et le Qatar, deux autres pays de la région gravement touchés par linflation, à suivre lexemple.
Simultanément, la banque de conseil en investissements Morgan Stanley, qui surveille de près cette tendance inflationniste ainsi que la hausse inquiétante des taux dintérêts, vient démettre un signal dalarme quant à un possible repli des marchés boursiers. Malgré les profits records enregistrés sur les places mondiales, cest la cinquième fois seulement depuis 1980, et la première fois depuis léclatement de la bulle Internet que Morgan Stanley émet un tel avis de correction des marchés.

http://www.voltairenet.org/article148840.html



10/06/2007
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